Es-tu sec?
Et si, dans notre société envahie par l’information, la communication et la musique, le besoin de se déconnecter, de créer des discontinuités prenait de plus en plus de valeur:
No tag for this post.On allait au puits, on nage dans la rivière. Le puits, il faut décider de s’y rendre, choisir le bon moment, s’équiper en conséquence, y consentir du temps et de l’énergie (ou de l’argent) et par conséquent, nous consacrerons dans la journée un nombre limité de moments à ces activités. Rapprocher le puits, le rendre moins profond, n’en fait pas moins un puits. Aujourd’hui au contraire, plongés comme nous le sommes dans le bain, le flux, d’une connexion permanente, d’une information “en continu”, d’une musique de plus en plus omniprésente dans l’espace public comme dans l’espace privé, nous donnons à ces ressources un statut nouveau : communication, information … et musique deviennent des composants de l’environnement, mais aussi des matières premières (commodities), des infrastructures, des supports tenus pour acquis de nos activités d’hommes et de femmes d’aujourd’hui.
Conséquence directe : la valeur déserte l’unité atomique de communication, d’information ou même de musique, au point que ceux-ci se conçoivent même parfois comme des “nouveaux communs”, propriétés collectives et insaisissables. La valeur se déplace dans le flux, dans ce qui nous permettra de le choisir, de maîtriser et d’orienter les courants, de créer une ambiance, de produire un sens exploitable. Elle de déplace aussi dans la déconnexion : s’isoler, imposer le silence, créer des discontinuités. Nous payions pour être mouillés, nous paierons ce qui nous sèche.
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